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HISTORIQUE

  

Un triste sort attend ce hameau en 1973, lorsqu'un grand aéroport vient installer une de ses pistes précisément dans l'axe des habitations. La population s'émeut, proteste, la vie devient survie, au rythme des vibrations et du tumulte des réacteurs.

 

La société gestionnaire de l'aéroport va apparemment jusqu'à offrir le double de leur valeur aux propriétaires des maisons survolées alors que d'autres refusent tout simplement de partir.

 

Le village se vide néanmoins petit à petit. L'église classée se délabre, les ouvertures sont murées, les murs s'écroulent, les toits s'effondrent, et le hameau est racheté par la société aéroportuaire à la nouvelle ville déplacée non loin pour un euro symbolique en 2009.

 

 

UE GSV 49 

 

 

Rapport kronoscopique

 

Nous sommes à la Capitale pour quelques jours en ce début août 2015, tout juste rentrés de notre périple islandais. La tête encore dans les fjords, nous décidons de louer une voiture pour aller explorer quelques lieux bien connus mais qui restent des incontournables accessibles... lire la suite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rapport kronoscopique, suite

 

Première destination au pied levé : ce village abandonné dont nous voyons régulièrement des photos sur les forums et sites spécialisés. Aucune nouveauté ici, aucune véritable découverte puisque les lieux sont archi-connus de tous. Nous le trouvons sans problème, une fois son petit nom local identifié. Comme à chaque fois, une boule d'excitation se forme au creu de mon ventre qui ne me lâchera plus des 2 prochains jours : nous n'avons pas moins de 4 sites à voir, et en croisons même un cinquième que nous n'aurons pas le temps d'explorer.
Nous arrivons en fin de matinée sous un soleil de plomb. Les rues sont désertes, on s'y attendait, mais pas autant qu'on aurait pu croire, ou vouloir. On nous aurait menti ? Ce village est certes en très mauvais état et les façades sont décrépies, les ouvertures murées de parpaings, la végétation est à la noce ici, comme on dit. Mais nous voyons également bon nombre de voitures garées le long des trottoirs, il y a des maisons intactes et... oui, même une école qui a l'air fonctionnel!
Je décide de faire abstraction pour ne pas être déjà déçu et nous nous garons, sortons le matos et commençons à remonter la rue qui semble mener au centre du hameau. Rue brûlée, c'est son nom. Ca commence bien.
Nous progressons maison par maison et pénétrons dans chacune d'elle lorsque c'est possible. Elles n'ont malheureusement plus grand-chose à offrir. Ce ne sont plus des maisons abandonnées, ce sont presque des halls de gare. On se croirait dans une visite organisée. Oui, évidemment, il y a bien ce piano posé sur parpaings, et cette cave avec ses bouteilles entassées...
Dans une autre maison à laquelle on accède par le jardin en escaladant un tantinet, je réussis à grimper à l'étage et c'est là que je prends à mon goût les meilleurs clichés : le toit effondré, le cheval à bascule, une chaussure moisie, un coffre. Rien de transcendant quand même.
 
Les maisons sont vides bien sûr, taguées évidemment, jusque dans les moindres recoins, c'est consternant de débilité. Si les dessins étaient beaux encore... Plus loin, un rideau métallique rouillé tiré jusqu'au sol laisse passer des paroles prononcées à voix basse. Je m'approche et j'entends des gens parler à l'intérieur. Mais qui peut vivre ici! C'est un ancien commerce dont les murs au-dessus ne peuvent décemment pas être habités. Je contourne le bâtiment qui fait l'intersection et m'engage dans une rue perpendiculaire, vers un portail ouvert qui semble donner sur le jardin à l'arrière. Le bâtiment est noir, envahi de végétation et barricadé de jerricans et de tas de planches et divers déchets. Cela ressemble plus à une décharge qu'autre chose et les voix de l'intérieur ne me disent rien qui vaillent le coup de m'avancer entre ces murs sombres... D'autant que je suis tout seul et qu'il y avait au moins deux voix. Je décide de ne pas aller déranger ces messieurs qui discutent et poursuis mon chemin.
Sur la place du village, une sorte de centre social d'où sortent des gens : il y a un pot, ça discute, ça rit, malgré les ruines et les avions qui tonnent à chaque instant au-dessus de nos têtes. C'est vrai que certains décollent en rase motte! Les gens me regardent et tournent aussitôt la tête. Des photographes qui déambulent dans leur ruine de village, ils doivent en voir tous les jours. J'en croise d'ailleurs un couple qui remonte ma rue (oui, je deviens vite possessif en exploration).
L'église qui se dresse là semble sur le point de s'effondrer tellement le clocher est en mauvais état. Quelle catastrophe. Le cimetière attenant ne vaut guère mieux. Des stèles au sol, brisées, inclinées, déterrées, des fleurs en plastique délavé, des bouquets séchés, ce lieu concentre tout le sinistre et la tristesse de la situation de ce hameau. 
De l'autre côté de la place, d'autres rues, d'autres voitures garées tout du long, des maisons habitées mitoyennes de carcasses vides ouvertes à tout vent, cela deviendrait vraiment dérangeant s'il ne faisait pas si beau...

 
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  • Olivier

    En réponse à: thierry vous fait partager :

    A 100% de ton avis, Thierry!!! :D

  • Beau travail encore! Toutes ces belles photos sont tristes... ou bien toutes ces photos tristes sont belles... Celle qui m'accroche le plus c'est la seconde (la fenêtre ouverte): l'espoir de sortir de là. En tout cas je vous encourage à continuer, mais ça doit être de plus en plus difficile de trouver des endroits de plus en plus surprenants. Nath

  • Olivier

    En réponse à: Nathalie vous fait partager :

    L'espoir de sortir de là? Nous c'est plutôt l'espoir de pouvoir y entrer, à chaque fois. Oui, ce n'est pas simple d'en trouver dans la région, mais nous ne sortons pas non plus régulièrement. On pourrait faire mieux, et plus! Si seulement tu savais tout ce qui reste à explorer, ne serait-ce que dans le quart sud-ouest... Je ne m'inquiète pas, tout vient à point à qui sait attendre.
    On s'attaque au Portugal cet été!

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