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HISTORIQUE

  

Aucune date précise de construction, on sait juste que ce château est mentionné dès le XIIIe siècle. Il est transmis de génération en génération et passe d'une famille de la noblesse locale à l'autre.
 
En 1650, son propriétaire Frondeur est exilé de la cour et se lance dans toute une série de travaux, y menant grand train jusqu'à ce qu'ils soit rattrapé par ses créanciers. Le château change de nouveau de propriétaires, encore et toujours, et voit sa condition se dégrader jusqu'à être saccagé à la Révolution.
 A la fin du XIXe siècle, le château a été rénové maintes fois, aménagé et transformé à la mode romantique des châteaux de la Loire. Il est désormais entouré d'eau.
 
Mais le 13 mars 1932, alors que le baron vient d'y faire installer le chauffage central, un violent incendie se déclare. Les pompiers, venus de toute la région, ne peuvent éviter le désastre. Seuls la chapelle, le pigeonnier et les dépendances sont épargnés. Selon les journaux de l'époque, les pertes sont considérables et se chiffrent à plusieurs millions. On relate la perte de meubles anciens, de livres rares, de tapisseries des Gobelins et de tableaux de grande valeur.
 
Le domaine, racheté dans les années 60 est finalement acquis par une banque dans les années 90 puis revendu à plusieurs propriétaires sous forme de lots. Sa condition actuelle résulte en partie d'un imbroglio légal empêchant toute restoration, le bâtiment même appartenant à plusieurs propriétaires aux intérêts divergents
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Rapport kronoscopique

 

Nous passons un weekend pluvieux dans la famille lorsque me vient l'idée de chercher un peu ce qu'il y aurait à découvrir dans les environs... et je tombe sur ce château de conte de fée. A peine croyable. Des hordes d'urbexeurs sont déjà venus le visiter, peu, voire aucun n'a pu y pénétrer, je sais déjà que cette visite risque d'être au mieux frustrante, au pire dangereux. Je lis quelques faits divers relantant les mésaventures de précédents photographes non-autorisés poursuivis par un propriétaire armé de son fusil... lire la suite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rapport kronoscopique, suite

 

... on va peut-être y réfléchir à deux fois.
Non, en fait, on n'y réfléchit pas. On part le lendemain matin, sous la pluie. Nous trouvons le château sans problème. Le Château Grenouille. Evidemment, pas son vrai nom (ai-je besoin de le cacher, vraiment ?) mais ça coasse tellement ce matin que c'est le premier nom qui me vient. Nous garons la voiture non loin, sortons le matériel et nous engageons sur le chemin qui longe le canal, sur la droite du château.
La propriété est en effet configurée assez bizarrement : entouré d'une douve qui ressemble plus à un étang et le fait surgir de l'eau comme par magie, il donne sur un terrain allongé à l'arrière, en face de son incroyable porche en colonnade au ras de l'eau. Sur ce terrain, une chapelle, au milieu des arbres. Et au-delà, tout autour, un canal, qui semble venir alimenter la douve/étang. Et nous nous trouvons de l'autre côté de ce canal, cette double douve, d'une dizaine de mètres de large.
Un peu plus loin sur le chemin de terre, nous découvrons qu'il suit le canal au loin. Et il y a une voiture au bout. Qui se dirige vers nous. Pas la peine de se cacher, nous sommes complètement à découvert, ça serait idiot. Et puis, si le type conduit, il ne peut pas porter d'arme en même temps ! La voiture de service s'arrête à notre niveau. On prend les devants : on lui demande s'il y a un moyen de venir faire quelques photos sans rien déranger, nous serons des ombres. Le gars n'est pas contre, mais pas propriétaire non plus. Il nous conseille de faire gaffe, de demander, mais pour lui de toute façon, ça sera non car on n'est pas les premiers et le proprio n'est pas un fin. OK. Puis il s'en va, nous laissant avec nos interrogations.
Pour nous donner bonne conscience, nous décidons d'aller frapper directement à la porte (entrouverte) de l'ancienne dépendance. Un vieil homme à la mine renfrognée se traîne jusqu'à nous. Nous nous présentons et lui expliquons le but de notre visite. Il nous répond qu'il s'en fiche, il est juste employé, mais que c'est interdit, avant de repartir d'où il a surgit...
Bon. On aura fait tout ce qu'on peut pour "rester dans les règles". Maintenant, c'est open bar. On tente, surtout lorsqu'on sait que le propriétaire n'est apparemment pas là. La magnifique entrée principale et son pont sont hors de question : il faut traverser le l'espace entre les deux bâtiments des dépendances, donc potentiellement un deuxième propriétaire, potentiellement présent... et surtout une meute de chiens qu'on entend aboyer furieusement.
Nous voilà donc repartis pour le chemin de droite, le long duquel nous trouvons comme par miracle un petit barrage de parpaings qui nous sert de gué pour traverser le canal et nous retrouver sur le terrain central. Enfin. Nous courons d'arbre en arbre, nous cachant d'ennemis armés imaginaires, pour rejoindre la chapelle. Fermée. Verrouillée. Aucune entrée possible. Des vitraux sont cassés, mais les armatures restent en place et on ne peut pas y toucher évidemment. Série de photos extérieures.
Puis nous nous rapprochons du château. Quel désastre, quelle beauté. Il est incroyable, et c'est impensable que nous ne puissions pas y pénétrer. Il nous faudrait un canoé (et débarquer sous la colonnade, le rêve!) ou alors nous mettre à l'eau avec des sacs étanches pour traverser la trentaine de mètres qui nous sépare de ces murs. Nous ne pourrons que faire des photos depuis la périphérie, rayonnant comme on peut entre les arbres, les points à découvert, sous les aboiements lointains des chiens et en gardant tout le temps un oeil sur le chemin et une oreille à l'affût du moindre bruit de moteur. Visite frustrante, donc, mais une belle découverte.

 
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